Misheck_MasamvuL’Agence de Presse Africaine apprenait la semaine dernière une grande nouvelle : Quatre artistes originaires du Zimbabwé participent à la 54ème édition de la Biennale Internationale d’Art Contemporain de Venise ouverte officiellement le 4 juin. Pas mal pour des zimbabwais… des zimbabwi… des zimbabouins !!!!

La Biennale de Venise est une fondation italienne qui organise divers événements artistiques. Elle existe depuis 1895 et est aujourd’hui considérée comme la plus prestigieuse manifestation artistique Européenne !

Et le Zimbabwe a enfin réussi à se hisser au niveau de cette fondation mondialement reconnue en faisant évoluer son art jusqu’alors plutôt primaire.

Selon la directrice du Conseil britannique, qui a parrainé le pavillon d’exposition du Zimbabwe (aucun rapport avec l’histoire coloniale des deux pays bien entendu ! pffff ! mauvaises langues !), Miss Jill Coates a qualifié la présence du Zimbabwe à cette rencontre artistique de « passage à l’âge adulte ». La Grande-Bretagne peut donc se vanter d’avoir réussi dans sa mission civilisatrice à l’égard de son ancienne colonie, passée désormais du statut de maître dans l’art primitif à novice dans l’art mature.

Il est vrai que le terme d’art primitifs ou arts premiers avait fait polémique à son époque. Pas assez valorisant, voire même dévalorisant. Cette expression et ses synonymes « art sauvage », « art tribal », « art ethnographique », « art traditionnel » « art archaïque » ou encore « art lointain » étaient alors taxés deconception évolutionniste et ethnocentriste des sociétés humaines. Mais aujourd’hui, tout a changé !

Alors Y’a bon ! Bravo aux artistes qui ont permis à « l’homme africain » de rejoindre le monde des grands, le monde de ceux qui sont entrés dans l’histoire depuis si longtemps (relire le discours de Dakar de notre Président). Et surtout merci à l’Empire Britannique de reconnaître cette maturité !

Il est vrai qu’en 1983, le « Sunday Telegraph » jugeait « que sur les dix meilleurs sculpteurs mondiaux, cinq (provenaient) du Zimbabwe ». Mais malgré tout, subsistait encore un côté sauvageon, enfantin dans l’art Zimbabwéen…

Dans « Newsweek », on a pu lire: « la sculpture contemporaine du Zimbabwe est (considérée comme) le mouvement artistique le plus important qui ait surgi d’Afrique au cours de ce siècle ». C’était en 1984. Il était donc logique que rapidement (27 ans plus tard), l’art zimbabwéen accède à une consécration internationale.

Le Mali avait d’ailleurs senti en Calvin Dondo, l’un des artistes exposés à Venise, la capacité d’atteindre cette sagesse précoce et l’avait encouragé en lui remettant le Prix Seydou Keïta en 2007, au cours de la biennale africaine de la photographie.

Aujourd’hui, l’art Zimbabwéen peut poursuivre sa route vers la civilisation en comptant sur la tutelle de ses amis les plus anciens comme le rappelle l’intervention navrante de cette représentante Britannique !