revolution_1_Mais que se passe-t'il réellement à l'autre bout du monde ? Voilà plusieurs mois que le monde arabe et l'afrique sont secoués de toutes parts, par des mouvements sociaux. Dernier en date : le Burkina Faso, voisin de la Côte d'Ivoire. Après la Tunisie, l'Egypte, la Lybie et la Côte d'Ivoire, c'est donc "Le pays des hommes intègres" (traduction de Burkina Faso) qui vit des jours de tensions et de soulèvements historiques. Après plusieurs semaines de révoltes successives des étudiants, des militaires, ou encore des magistrats, c'est aujourd'hui le régiment présidentiel de Blaise Compaoré, qui à son tour, se révolte.

« Ah ! La faim ! La faim ! Ce mot-là, ou plutôt cette chose-là, a fait des révolutions ; elle en fera bien d'autres ! » Gustave Flaubert – « Agonies »

Détresse sociale, longévité des dirigeants et raz-le-bol ont été, ici et là, les ingrédients de ces exaspérations explosives. La surprise de la France et du monde au démarrage de ces mouvements atteste d'ailleurs qu’ils n’étaient pas le fruit d'évènements particuliers et récemment mal vécus ou mal acceptés par ces peuple. Pour la plupart de ces pays, c’est tout simplement une stabilité, une continuité, une routine despotique et inégalitaire devenue insupportable qui auront jeté le peuple dans la rue.

Certes, dans chaque pays, c'est bien une situation spécifique qui a conduit à ces soulèvements. En Tunisie, les près de 14% de chômage, en Egypte, les 30 années de répression violente des opposants politiques, au Burkina un mécontentement généralisé de toutes les catégories sociales avaient en effet de quoi se sentir lésé.

Mais finalement, on peut parler de « gouttes d'eau » qui ont fait déborder des vases de frustrations déjà bien remplis pour des pays comme le Burkina Faso dont plus de 80 % de la population vit avec moins de 2 $ par jour. Concernant la Côte d’Ivoire, l’avenir nous dira dans quelle direction les rebelles souhaitaient amener le peuple Ivoirien. Car en effet, il s’agit là d’un cas à part. On ne peut pas à proprement nommer, parler d'un soulèvement du peuple. Mais le considérer comme un choc historique comparable aux diverses révolutions, éclaire néanmoins sur un point commun que semblent posséder tous ces pays : l'époque ! En effet, si ces multiples évènements ont lieu en ce moment, ne se doit-on pas de considérer également ce "moment", cette époque ? Qu’à t’elle donc de particulier pour conduire des pays distincts à violemment virer de bord ?

« La routine, cette préface des révolutions ! » Emile de Girardini in "Les Cinquante-deux"

Car en définitive, ne s’agit-il pas là simplement du réveil d’individus trop longtemps laissés pour compte ? N'est-ce pas ceci une révolution ? Le réveil d'un peuple qui lassé d'espérer le changement, le désir au point de le provoquer ? De ce point de vue, reste alors à considérer le monde tel qu'il se présente aujourd'hui. De manière désespérante pour la majorité des plus mal lotis de ce monde. Les inégalités nord-sud qui perdurent depuis si longtemps, la connivence de chefs d'état du monde libre avec des despotes locaux, l'obésité en Amérique face à la famine en Afrique. On ne peut pas ne pas considérer la volonté de ces populations à un changement réel de ces disparités insupportables et leur engagement parfois mortel pour une cause à leurs yeux devenue vitale.

Car c'est un fait. Ces révoltes, outre l'éviction de ces despotes et la possibilité d'un nouveau départ, conduisent également au décès de plusieurs centaines d'êtres humains, qui étaient pour certains prêts à donner leur vie pour leur cause, pour l’avenir de leur pays.

Il est clair que l'évolution réelle d'un pays, l'aboutissement d'une révolution prend un temps certains. Mais quoi qu'il en soit, les natifs du reste du monde, jusqu'alors chanceux habitants de la France, des Etats-Unis, de l'Allemagne ou d'autres puissances mondiales, vont devoir se préparer à partager avec le reste du monde puissance et richesse. Car c’est peut-être bien le monde dans son entier qui est en train de changer de cap.