afrique_du_sud_432Depuis quelques semaines, la tension monte au Swaziland. Selon l’opposition, une centaine de personnes auraient été emprisonnées de dimanche à mardi. Le 12 avril 2011, le rassemblement « pro-démocratie », interdit par le Premier ministre aurait également donné lieu à une répression à coups de matraques, gaz lacrymogènes et autres instruments de répression. Malgré tout, AFP rapporte aujourd’hui l’apparente détermination de l’opposition. A cet égard, les propos de Mduduzi Gina, le Secrétaire Général de la Fédération des syndicats du Swaziland, sont clairs : « Nous avons décidé de poursuivre notre action en dépit de ce qui s'est passé hier ». Pour mieux comprendre cette nouvelle situation de rébellion, quelques éclairages sur la situation de ce petit pays d’un million d’âmes.


roiDepuis son couronnement, en 1986, le roi Mswati III(anciennement prince Makhosetive Diamini), règne sans partage sur le Swaziland. Malgré l’interdiction des partis politiques en vigueur dans le royaume, le Swaziland possède un Parlement. Mais les pouvoirs du roi, qui gouverne par décret, sont vastes : il nomme et démet les juges, peut dissoudre le Parlement et nomme le gouvernement. En 1973, son père, le roi Sobhuza II avait aboli la constitution, mais en 2005, par la volonté de Mswati III, une nouvelle constitution a été ratifiée, qui autorisait la création d’associations. Néanmoins, ces dernières années, sous couvert de lutte anti-terroriste, plusieurs « groupes politiques » ont été interdits.

Outre son statut de monarchie, cette ancienne colonie britannique s’illustre également comme champion du monde des pays touchés par le SIDA. En 2009, l’UNICEF estimait à près de 26 % le taux de prévalence du virus chez les adultes du pays (40% sur la population globale).  L’espérance de vie en chute libre (passée de 61 ans à 46 ans de 1990 à 2009) a conduit à une croissance du nombre d’orphelins. On en dénombrait 84 000 en 2006. Néanmoins, le gouvernement n’investissait en 2009 que 8 % de son budget au secteur de la santé (autant que le secteur de la défense et deux fois et demi moins que l’éducation). En 2007, le recensement de la population avait pourtant mis en évidence les 18 % de baisse de la population en lien avec les ravages du virus.

Aujourd’hui, le Swaziland souffre d’une crise économique sans précédent et en accord avec le FMI, un plan d’austérité a été conclu en mars dernier. Dans ce royaume où 69 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, la suppression de 70 000 postes de fonctionnaires et la baise de 10 % des salaires conduit à un nouveau soulèvement de l’opposition. D’autant que le train de vie de ce dirigeant des plus riches de la planète a de quoi exaspérer. Les 13 épouses, 13 palais et 13 BMW représentent en effet des symboles difficilement supportables pour une population réduite à vivre avec 1$ par jour.

Aujourd’hui, le ministère des affaires étrangère français déconseille de se rendre au Swaziland et Amnesty International dénonce le recours illégal des forces de sécurité « aux arrestations, à la détention et à la violence pour intimider les manifestants et perturber les rassemblements pacifiques ». Autant d’éléments qui nous poussent à suivre la suite des évènements. En ces temps de contestations récurrentes, assisterions-nous à une nouvelle fin de règne ?


Sources : AFP, BBC Afrique, Afrik.com, Ministère des affaires étrangères, Banque mondiale