uneJusqu’à la dernière élection présidentielle, le Bénin était souvent décrit comme le pays le plus calme d’Afrique, le « laboratoire africain de la démocratie ». Mais après le fiasco de la LEPI (Liste Electorale Permanente Informatisée), la stabilité de ce pays semble remise en question.

Après deux reports de scrutins et une coalition de l’opposition pour un troisième report des présidentielles, c’est finalement le 13 mars dernier que les Béninois ont pu aller voter. Selon la commission électorale nationale autonome, c’est donc celui qui promettait la « prospérité pour chacun », le président sortant Boni Yayi qui aurait été réélu, ce que réfute son principal opposant, Adrien Houngbedji.

 

Retour sur une élection mouvementée

Au Bénin, la modernisation du système électoral, a impulsé la mise en place de la fameuse LEPI, sensée permettre à tous les électeurs de s’exprimer. Malheureusement, la mise en place de ce nouveau système, entamée tardivement n’aura pas atteint son objectif puisque bon nombre de Béninois n’étaient pas encore inscrit sur cette liste à la date du suffrage.

Pour permettre à la démocratie de dépasser cette carence, les électeurs non inscrits ont tout de même pu voter le 13 mars. La marque à l’encre bleu sur la main garantissant l’absence de fraude. Mais le système informatique conçu pour réaliser le décompte des voix, n’appréciant que peu le décalage entre le nombre d’inscrits et le nombre de votant, a dû être « déverrouillé ».

En clair, les verrous de sécurité du système informatique ont dû être supprimés avec l’accord de la commission électorale, pour permettre la prise en compte de tous les votants. C’est aujourd’hui ce constat qui alimente un peu plus le discours du candidat malheureux Adrien Houngbedji crédité de 35,6 % des voix par la commission, mais qui revendique 47 % des suffrages.

Aujourd’hui, face à l’actuelle crise Ivoirienne, la situation au Bénin a de quoi inquiéter. D’ailleurs le quotidien béninois La Nouvelle Tribune titre aujourd’hui sur cette situation conflictuelle entre le président sortant et le candidat Houngbedji. Mais nous pouvons espérer que ce que l’International Crisis Group n’hésite plus à nommer « guerre civile Ivoirienne », serve d’exemple aux héritiers de Mathieu Kérékou.

Alors que le monde s’enflamme de toute part, une telle crise dans ce pays symbole de démocratie, remettrait en question le fragile équilibre qui subsiste depuis les crises politiques de ces dernières années au Bénin.